Champagne : 12 choses à savoir sur ce vin effervescent

C’est bientôt les fêtes de fin d’année et le vin qui représente le mieux ces moments, à mon avis, c’est le champagne*. Voici en 12 points tout ce qu’il faut savoir (ou presque…) sur le champagne. Ensuite, vous pourrez épater votre famille et vos amis lorsque vous ouvrirez votre prochaine bouteille !

1 – Histoire du champagne

Les romains ont amené la vigne en Champagne au IIIème siècle après J-C.
Vers l’an 500, l’évêque Saint Rémi, qui donna son nom à la ville de Reims et baptisa Clovis roi des Francs, cultivait de la vigne sur les bords de la Marne pour élaborer le vin de messe.
Durant la Renaissance, les cours des rois de France et d’Angleterre appréciaient beaucoup le vin de Champagne.

Jusqu’au XVIIème siècle, on redoutait la seconde fermentation et la formation de mousse était alors considérée comme accidentelle. Il y a 300 ans, le moine bénédictin Dom Pérignon (1638-1715) mit au point la méthode champenoise et ce nouveau vin conquit immédiatement les aristocrates pour devenir un symbole du luxe et de la fête.

Nicolas Ruinart fonde la première maison de champagne à Reims en 1729.
En 1795, Nicolas Appert réalisa ses premières conserves dans une bouteille de champagne car il la trouvait belle…

La loi du 22 juillet 1927 fixa la délimitation de la Champagne viticole, qui donnera ensuite l’AOC champagne (Appellation d’Origine Contrôlée), seule AOC dont la mention n’est pas obligatoire sur les étiquettes de bouteille de champagne.

En 2010, le poids standard de bouteille passe de 900g à 835g pour des raisons écologiques (réduction de l’empreinte carbone) et financières (diminution des frais de transport).

Le 4 juillet 2015, les « Coteaux, maisons et caves de Champagne » sont inscrits au patrimoine mondial de l’humanité à l’UNESCO.

2 – Où produit-on le champagne?

Le vignoble champenois s’étend sur 33 105 ha, soit 300 communes, principalement dans les départements de la Marne, de l’Aisne et de l’Aube et en partie en Seine-et-Marne et Haute-Marne.

Ce territoire se situe dans le nord-est de la France, une zone à climat froid, avec un sol relativement pauvre. Cela n’est pas favorable à la production de vin mais est devenu un atout pour le champagne qui nécessite une maturité faible et une acidité prononcée.

vignoble champagne

3 – Quels cépages ?

Il y a 3 cépages principaux qui peuvent être assemblés ou pas !
Le chardonnay
Cépage à raisin blanc (30% du vignoble), vinifié seul, il a le droit à la dénomination blanc de blanc.
Le pinot noir
Cépage le plus planté, 38% de la surface viticole, il donne un raisin noir à pulpe incolore.
Le pinot meunier
32% du vignoble, raisin noir à pulpe incolore.
Lorsque le champagne est issu uniquement des deux pinots ou d’un seul, il peut s’appeler blanc de noirs.

4 – Les vendanges

Il y a donc du raisin noir qui donne du vin blanc… En effet, le jus, lui, est incolore. Donc, le raisin est récolté manuellement pour préserver l’intégrité des grains autant que possible et éviter que du jus macère dans les peaux et se colore lors du pressurage. Pour ce faire, les pressoirs champenois sont larges et bas.

5 – Comment obtient-on le champagne? – La méthode champenoise

Au départ, le champagne est un vin tranquille comme les autres. Et on ne dit pas qu’il est tranquille parce qu’il est calme mais parce qu’il est non effervescent ! Donc, à la base on obtient le vin par la fermentation alcoolique du sucre du raisin par des levures. La fermentation produit aussi du CO2 qui s’échappe.

Ensuite, pour qu’il devienne champagne, on fait divers assemblages de vins issus de cépages, terroirs et millésimes différents. Aucune autre AOC en France ne permet le mélange de vins de différentes années. On peut arriver à assembler jusqu’à 30 crus et vins de réserve différents.

Puis, on rajoute du sucre et des levures (ou liqueur de tirage) pour obtenir une deuxième fermentation. Sauf que cette fois, cela ne se fait plus dans des cuves ouvertes mais dans des bouteilles bouchées. Le CO2 est donc emprisonné et se dissout dans le vin, c’est la prise de mousse.

Comme tout se passe dans la bouteille, après la deuxième fermentation, les levures mortes sont toujours présentes. Elles vont participer  au développement aromatique du champagne pendant 15 mois minimum. C’est ce qu’on appelle le vieillissement sur lie (comme pour le Muscadet !).

Ensuite, on incline les bouteilles vers le bas et on les tourne d’un quart de tour tous les jours. Au bout de 2 mois, le dépôt se retrouve au niveau du goulot : le remuage.

Puis, après avoir plongé le goulot des bouteilles dans un bain glacé, on les ouvre pour expulser un glaçon de lie : le dégorgement. Ce dépôt est remplacé par de la liqueur d’expédition (vin + sucre) dont la sucrosité va déterminer le type de champagne. Enfin, on ferme les bouteilles avec un bouchon en liège, qui prendra la forme de champignon. Un fil de fer préformé, le muselet, maintient celui-ci avec sa plaque (et non capsule).

champagne

6 – Les différents types de champagne

Selon la quantité de liqueur ajoutée, entre 0 et plus de 50g de sucre par litre, on obtient des champagnes extra-brut, brut, sec, demi-sec ou doux. Certains champagnes ne contiennent pas de liqueur, ils sont donc plus secs. On les retrouve sous les dénominations non dosé, brut intégral ou encore brut nature.

Sur les étiquettes, on trouve des initiales qui indiquent qui a élaboré le champagne. Cela va de RM (récoltant manipulateur) à MA (marque acheteur) en passant par NM (négociant manipulateur, les grandes maisons sont toutes dans cette catégorie).

7 – Comment se forment les bulles?

Quand vous ouvrez une bouteille de champagne, 15 à 30% du gaz carbonique sous pression va s’échapper sous forme de bulles (POP !). Puis, la majeure partie du CO2 se dégage lors du contact avec l’air lors du service. Les bulles qui se forment dans le verre sont dues aux petites impuretés et aspérités à la surface du verre. Plus ces impuretés sont grosses, plus les bulles le seront aussi. Le nombre et la grosseur des bulles augmentent aussi avec la quantité de gaz carbonique contenu à l’origine dans la bouteille. D’ailleurs dans votre verre, les bulles s’affinent avec le temps.

Certains prétendent que la finesse de la bulle est signe de qualité, ce qui n’est pas tout à fait exact. En fait, les vieux champagnes, ayant perdu du gaz carbonique au fil du temps, ont des bulles plus fines. C’est une question de goût mais on peut légitimement s’attendre à ce que des champagnes vieillis soient de bonne qualité !

8 – Flûte, je n’ai plus de coupe !

Vous préférez boire votre champagne dans une flûte ou dans une coupe ?

flute champagnecoupe champagne

Dans une coupe, les bulles et les arômes se dissipent plus rapidement du fait de sa forme évasée mais les bulles sont plus fines. Dans une flûte, les arômes sont concentrés et les bulles plus grosses mais un excès de concentration d’arômes et de gaz carbonique peut provoquer un effet piquant et agressif au nez. Le compromis entre les deux étant en fait un verre à vin en forme de tulipe :

verre champagne

Astuce : La meilleure façon de servir le champagne est d’incliner le verre à 45° pour préserver le plus de bulles possibles.

9 – Pas que du champagne en Champagne

Le vignoble champenois produit aussi des vins tranquilles sous l’appellation « Coteaux champenois » en blanc, rosé et rouge.

On y produit aussi du ratafia (apéritif) et du marc de champagne (eau-de-vie).

10 – Et le champagne rosé, c’est vraiment du champagne ?

Le champagne rosé est le seul vin français autorisé à être issu d’un assemblage de 10 à 15% de vin rouge Coteaux champenois à du vin blanc avant champagnisation.

On peut aussi obtenir du champagne rosé en pressurant plus le raisin rouge ou en effectuant une courte vinification avec les peaux noires du raisin (la saignée). Par ce procédé, on obtient un vin d’un rose plus soutenu.

11 – Que manger avec le champagne ?

Jusqu’aux années 70, le champagne était essentiellement bu avec le dessert. Depuis, on le consomme aussi en toast à l’apéritif. Pour un repas très chic, on peut consommer ce vin effervescent tout au long du repas, sauf avec les viandes rouges.

Un champagne jeune peut être servi entre 4 et 7°, un plus ancien peut être servi entre 9-10°C et même jusqu’à 14-15°C pour les champagnes de plus de 15 ans.

12 -Les bienfaits du champagne sur la santé

Le champagne contient de l’alcool, il faut donc en faire une consommation modérée. Toutefois, il a quand même quelques vertus qui peuvent déculpabiliser d’en boire de temps en temps :

Malgré son acidité, il ne nuit pas à la digestion. Au contraire, il la facilite en dissolvant les graisses et a un effet diurétique.

Riche en sels minéraux et oligo-éléments, il a des propriétés anti-inflammatoires et dépuratives. Il agirait aussi sur l’humeur et serait anti dépresseur et anxiolytique !

Une vidéo en bonus

Un petit film pédagogique de 11 minutes « Le vin de champagne », source ©Comité Champagne – Epernay.

 

Et si cet article a attisé votre curiosité et que vous voulez en savoir plus, vous pouvez visiter le site officiel du champagne.

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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